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Pole Dance et autisme : Comment je gère mon activité de prof de Pole Dance malgré mon trouble ?


Découvre Mélanie, directrice de studio, professeure de pole dance formée par Doris Arnold. Sa particularité ? Tout comme Judith, elle est autiste. Malgré les défis qu'elle rencontre pendant ses cours de pole dance, Mélanie s'investit pleinement en préparant minutieusement ses leçons et en adoptant des stratégies pour masquer ses tiques. Elle se distingue par sa capacité d'adaptation, offrant un enseignement correspondant à chacun de ses élèves. Lorsqu'elle révèle son autisme à certains élèves, Mélanie suscite des réactions variées, allant de la surprise à l'incrédulité. Cependant, son autisme a eu un impact positif en lui permettant de mieux comprendre sa condition, malgré les fluctuations de sa confiance en elle. Pour la communauté autiste, Mélanie conseille de prendre du temps pour soi et de cultiver la croyance en ses propres capacités.


Coucou Mélanie ! Tu es directrice de studio, professeure de pole dance et autiste. Tout d'abord, peux-tu nous raconter comment et à quel âge tu as découvert que tu étais porteuse de ce trouble ?

Je dirais que c'est grâce à mon métier. Quatre ou cinq mois après l'ouverture de mon studio, quand tout dans ma vie était juste parfait (mariée, une fille, un métier, ma passion), je pensais faire une dépression. J’étais constamment épuisée, hypersensible mais surtout je me sentais au bord… je sentais qu’il suffisait d’un pas de plus pour que ce soit la fin.


"Mel, ne te fâche pas mais je pense que tu es autiste !"

J'ai donc pris mon courage, ma honte et j'en ai parlé à ma femme.

Il y a eu un bref silence, un regard et elle m'a simplement dit : Mel, ne te fâche pas mais je pense que tu es autiste ! Il faut savoir que 10 ans auparavant, à nos débuts, elle m'avait déjà dit que j'avais des traits autistiques mais je me suis braquée et nous n’en avons plus reparlé.

À partir de cette discussion, nous avons entamé le parcours médical jusqu'à ce que le diagnostic tombe. À mes 31 ans, je découvre que je suis autiste aspergers (terme qui ne se dit plus, mais moi je l'utilise toujours car c'est plus facile à faire comprendre aux gens).


En tant que professeure de pole dance, quelles contraintes rencontres-tu lorsque tu donnes cours et comment les gères-tu ?

Je planifie et je prépare mes cours de A à Z. Ce qui me permet d'être sereine pour tout l'incontrôlable : les absences imprévues de dernière minute ou les papotages incessants !

Je porte mon masque et j'essaie de contrôler mes tiques, mon balancement et parfois je prétexte de devoir aller au petit coin pour pouvoir m'isoler.

Je dirais que la plus grosse des contraintes, c'est de devoir assurer mes cours quand je suis totalement épuisée. Là, j’enfile mon masque de prof complètement extravertie pour ne rien laisser paraître et surtout garder les élèves motivés.


Et en tant que directrice de studio ?

Je suis là seule prof dans mon entreprise et niveau papiers, comptes, j'ai une bonne routine donc c'est la partie la plus facile à gérer.


As-tu des personnes autistes parmi tes élèves ? Comment adaptes-tu ton enseignement pour elles ?

À ma connaissance, je n'ai pas d'élève autiste mais j'ai des élèves avec d'autres particularités comme l'anorexie, l'obésité ou encore la timidité excessive.

Je reste à leur écoute et je prends le temps nécessaire pour un résultat positif.

Peu importe l'élève, j'essaie toujours de trouver le bon mot, la bonne phrase pour l'encourager. Quand il y a une toute petite victoire, je me sens super fière et je leur fait savoir pour qu'elles le soient à leur tour.



Lors de notre live Instagram sur la pole et l'autisme, tu disais annoncer directement à tes nouveaux élèves que tu es atteinte de trouble autistique. Comment ces derniers réagissent ?

Alors, je ne le dis pas à chaque cours, ni à chaque élève, mais maintenant je l'assume totalement. J'en parle sur les réseaux et quand je ressens la nécessité, je le dis tout simplement.

Cela a permis à certaines élèves de franchir ma porte et à d'autres de se sentir à l'aise, mais j'ai aussi des élèves qui n'y croient pas du tout. J'entend encore aujourd'hui : toi ? Autiste ? Mais non impossible ! Ou "C'est pas ça un autiste" le pire c'est "on est tous un peu autiste".


"L'autisme n'est pas un facteur limitant, nous aussi on peut accomplir des choses merveilleuses !"

Tout cela a-t-il un impact sur ta confiance en toi, qu'il soit positif ou négatif ?

L'impact positif : j'ai compris pourquoi je me suis toujours sentie différente et pourquoi certaines choses étaient si difficiles. Maintenant j'ai un traitement médical et je suis bien entourée.

Pour la confiance, c'est mon plus gros souci. Je la perds en un quart de seconde ! Je travaille tous les jours sur ça mais une petite remarque ou la moindre difficulté et je perd confiance.

J'espère là gagner une bonne fois pour toute, car j'avoue en avoir un peu marre des remises en question incessantes.

Après, je suis bien entourée et stable, j'apprends tous les jours à vivre avec et à m'adapter.




Quels conseils pourrais-tu donner aux personnes de notre communauté atteintes d'autisme, qu'elles soient élèves ou professeurs ?

Soyez bien entourée, n'hésitez pas à éliminer des personnes néfastes de votre vie !

Prenez du temps pour vous et sachez dire non. L'autisme n'est pas un facteur limitant, nous aussi on peut accomplir des choses merveilleuses !


Un dernier mot à ajouter ?

Merci à Spinning pour cette démarche. Merci de nous laisser la parole !

Continuons à nous mettre à l'avant. À quand une réunion, un workshop de poleuses autistes ?


Découvre l'histoire de Marie, poleuse autiste, le second numéro de SPINNING Magazine




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